Situé au Nord du Pays de l'Arbresle, le village de Sarcey
est mentionné dès l'an 982, lors du don d'un domaine à l'abbaye de Savigny.
Historiquement, Sarcey appartient au Lyonnais, mais elle bénéficie cependant
de l'appellation d'Origine Contrôlée "Beaujolais", à l'instar de Bully, St
Germain, Nuelles et l'Arbresle.
La tranquillité du village, son paysage vallonné et ses maisons en pierre
dorée en harmonie avec les vignes font le charme de ce village riche en
curiosités.
Carte d'identité

Superficie : 1000 ha
Altitude : 370 m (de 260m au point le plus bas, à 425m au point le plus
haut : la Madone du Châtelet).
Nombre d'habitants : 824 au recensement de janvier 2004.
Nom des habitants : les Sarceyrois.
Devise : "sustinemus" ("nous tenons bon").
Activités économiques : viticulture, élevage, zone d'activités
industrielles.
Blason : le rouge et le blanc représentent les deux productions
principales de Sarcey (le Beaujolais et le lait), la tour évoque le Mont du
Châtelet et le tilleul celui de Sully.
Le Vieux Tilleul
Selon la tradition, ce tilleul remonterait au début du XVIIème, époque où
Sully fit planter de nombreux tilleuls dans le Royaume. C'est pourquoi on
l'appelle également "tilleul de Sully" ou "tilleul du roi Henri IV".
Toujours bien vert malgré son tronc évidé, c'est aujourd'hui l'emblème du
village.
L'église
Eglise néo-romane orientée, elle a été construite à la fin du 19ème
siècle pour remplacer l'ancienne église, devenue vétuste et trop petite. A
remarquer à l'intérieur : l'iconographie des vitraux, qui représentent,
entre autres, St Vincent (patron des vignerons) et St Roch accompagné de son
chien (baies surmontant le portail). Dans le collatéral Sud est représenté
un saint peu commun : il s'agit d'un soldat romain, qui tient à la main une
croix sur laquelle est gravée "hodie" ("aujourd'hui" en latin) ; de son
pied, il écrase un corbeau qui crie "cras" ("demain" en latin). Il s'agit de
St Expédit, que l'on invoquait pour accélérer les affaires qui avaient
tendance à s'éterniser.
A l'extérieur, regardant le chemin qui monte à l'école, la petite
ouverture du 1er étage du clocher est surmontée d'un arc de décharge
constitué d'une ammonite fossilisée géante.
Contre l'église a été apposé
le Monument aux Morts : sa particularité réside dans sa forme de grand livre
ouvert, unique.
La Madone du Châtelet
Érigée sur le Mont
Châtelet, point culminant de la commune (425 m), elle témoigne du dynamisme
du culte marial au XIXème siècle, après les miracles de Lourdes. C'est une
vierge en fer, portant l'enfant Jésus, sculptée par Vermare, artiste
lyonnais dont la famille était originaire de Sarcey et Légny.
Une inscription sur son socle rappelle qu'elle a été inaugurée en 1895
lors d'une mission prêchée par les Pères Lazaristes.
Le site
bénéficie d'un joli panorama (25 communes sont visibles) et de bancs
ombragés. Tout bon Sarceyrois monte à la Madone du Châtelet une fois par an,
le 15 août, à l'occasion de l'Assomption de la Vierge.
La borne
armoriée du Bois Pinou
Près du hameau de Charpenay, au nord-est de
Sarcey, une très ancienne borne en pierre (fin 15ème - début 16ème) délimite
les communes de Sarcey, Légny et Le Breuil. Sur sa face est sont
représentées les armes des Faverges, seigneurs du Breuil, et sur sa face
ouest, celles de François d'Albon, qui fut abbé de Savigny de 1493 à 1520.
La voie du Tacot
De 1902 à 1934, Tarare était reliée à
Villefranche par un train à vapeur, qui desservait de nombreuses petites
gares, dont celle de Sarcey : c'était le Chemin de Fer du Beaujolais, plus
communément appelé "le Tacot". Cette ligne à voie unique assurait le
transport des voyageurs et de marchandises. En 1927, en partant de Sarcey,
il fallait 35 mn pour aller à Tarare, et environ 1 h 30 pour rejoindre
Villefranche. La lenteur du Tacot dans les montées est devenue légendaire.
Après la guerre de 14-18, l'essor du moteur a entraîné le développement des
autocars, au détriment des petites lignes ferroviaires. Les rails de la
ligne Villefranche-Tarare, fermée en 1934, ont été démantelés (on retrouve
encore aujourd'hui des traverses de chemin de fer dans les maisons et les
clôtures sarceyroises) et une partie du matériel roulant a été envoyé à
Djibouti (Éthiopie).
La voie du Tacot est aujourd'hui un agréable
itinéraire de promenade. A Sarcey, le viaduc des Terres Grasses, un ouvrage
d'art composé de 9 arches (en fait sur le territoire de la commune de
Légny), est encore visible, ainsi que les deux petites gares (l'une étant
propriété privée, l'autre appartient à la commune et abrite l'Amicale
Boules, au hameau de la Chana).
Sarcey et ses établissements
thermaux
A la fin du 19ème siècle, deux établissements thermaux
assuraient la notoriété du village de Sarcey. L'un situé au hameau des
Quartières, a été créé suite à la découverte des vertus médicinales d'une
source proche : selon les publicités de l'époque, les eaux des Quartières
étaient "alcalines, ferrugineuses, fortifiantes, reconstituantes,
digestives" et étaient préconisées pour soigner les "inflammation,
catarrhes, anémies, maladies des nerfs, pâles couleurs etc, etc", ainsi que
toutes les maladies de peau, les "engorgements strumeux et la débilité
générale". Outre l'établissement thermal, où les curistes prenaient les eaux
dans des baignoires en fer, il existait un hôtel avec une douzaine de
chambres et un petit oratoire, un jardin avec des jeux, et un pavillon
abritant la fameuse source (aujourd'hui propriété privée).
L'autre
établissement s'élevait dans le bourg, à côté de l'église (aujourd'hui
bar/restaurant) et sa vocation était différente : il proposait des bains de
vapeur aromatiques qui soignaient, entre autres, les rhumatismes
articulaires et musculaires, les sciatiques ... L'établissement garantissait
"la guérison très souvent et le soulagement en huit à dix jours seulement".
Le patient était plongé dans un caisson, préalablement rempli d'eau mélangée
à certaines plantes et chauffé, d'où seule la tête dépassait. On le laissait
macérer ainsi pendant quelques temps. D'après les nombreux témoignages
laissés par les curistes, le traitement était efficace, d'ailleurs sa
recette était jalousement gardée par le propriétaire ; les plantes à la base
de la préparation aromatique étaient cultivées directement dans le jardin de
l'établissement.
Ces établissements thermaux perdureront pendant
près de 60 ans. La première guerre mondiale et le développement du
thermalisme à Charbonnières sonneront le glas de l'activité thermale de
Sarcey.